Depuis 2024 Neogeo réunit la communauté OneGeo Suite la veille des GeoDataDays, réaffirmant ainsi son statut de produit phare de l’entreprise. Cette année, l’évènement a permis de faire le point sur les nouvelles fonctionnalités, sur l’actualité des plateformes de données qui en sont équipées et sur les perspectives. L’Afigéo est intervenu pour faire écho des travaux de CICCLO.
La solution
2026 n’est pas l’année qui a connu le plus d’évolutions pour OneGeo Suite, mais quelques-unes d’entre elles sont particulièrement intéressantes.
La première évolution marquante réside dans la capacité de Neogeo à proposer OneGeo Suite via une offre en SaaS. Son architecture a donc été revue afin de rendre la solution déployable sur une infrastructure numérique mutualisée et d’isoler les espaces dédiés à chaque organisation cliente. Au-delà des aspects purement internes, cette évolution a entrainé des changements en matière d’expérience utilisateur, ne serait-ce que pour l’inscription et la gestion des comptes des utilisateurs.
Autre champ d’évolution de la solution qui a fait l’objet de quelques nouveautés (déjà réalisées ou à venir) intéressantes : l’interopérabilité. Dans ce domaine, on peut citer :
- la mise en place d’un service CSW (qui vient s’ajouter à l’API CKAN déjà en place) pour exposer les fiches de métadonnées sans devoir déployer un catalogue GeoNetwork en parallèle de OneGeo Suite ;
- l’exploitation des commentaires décrivant les tables de données dans PostgreSQL pour enrichir les informations affichées par le catalogue de données ;
- le support des formats de fichier Geopackage, Parquet et GeoParquet ;
- la possibilité d’intégrer Panoramax dans le client cartographique de OneGeo Suite (Maps) ;
- les fonctions d’import et d’export de projets QGIS pour alimenter Maps ;
- le support des couches vectorielles tuilées de l’IGN ;
- la mise en place d’un serveur MCP exploitable par des agents IA.
Un ETL libre en préparation
En parallèle des travaux réalisés sur OneGeo Suite, Neogeo a mentionné le démarrage d’un projet mené dans le cadre de France 2030 consistant à développer un nouvel ETL (extract – transform – load) open source, à destination d’utilisateurs qui n’ont pas l’habitude de configurer des enchainements de traitements complexes.
L’ambition de l’entreprise est de produire un outil moderne, pilotable par des robots conversationnels, qui serait facilement intégrable à n’importe quelle infrastructure de données géographiques (aussi bien dans un environnement OneGeo Suite, que dans des environnements concurrents). Elle souhaite également que cet outil réponde à des besoins concrets des administrateurs des plateformes de données : intégration native des modèles de données standardisés, production de cartographies et de dataviz.
Le développement de cette solution n’a pas encore démarré. À ce jour, Neogeo a identifié plusieurs outils libres existants qui pourraient servir de base à ce nouveau chantier, sans les citer. On en est donc au tout début de ce projet.
L’inévitable intelligence artificielle
À l’instar de ce que l’on a pu constater au cours des GeoDataDays et du Salon de la Data et de l’IA quelques jours plus tard, l’intelligence artificielle s’est également imposée dans l’agenda de OneGeo Suite.
Les travaux de Neogeo en la matière s’articulent autour de 3 axes :
- la mise en place d’un robot conversationnel réalisé initialement pour PIGMA, OneGeo Chat, ayant connaissance du patrimoine de données de la plateforme. Il guide l’utilisateur pour identifier les jeux de données utiles à son cas d’usage.
- la mise au point d’un serveur MCP permettant à des systèmes d’intelligence artificielle d’accéder aux données en lecture de la plateforme et de réaliser des actions sur la base des API de OneGeo Core (en consultation uniquement actuellement),
- le développement d’un Agent ReAct (pour Reasoning + Acting) pour la réalisation de tâches. Exemple d’action présentée pour illustrer ses capacités : amélioration des fiches de métadonnées en exploitant le contenu des jeux de données eux-mêmes.
Au-delà de la présentation de ces outils, le séminaire a aussi été l’occasion de donner la parole aux utilisateurs sur la place qu’ils donnent aux systèmes d’intelligence artificielle dans le cadre de leur activité professionnelle. Cela a permis d’entendre à la fois les perspectives bénéfiques (améliorations de la qualité des recherches, raccourcissement des temps de développement, par exemple) et aussi les inquiétudes (sur la maitrise des productions, sur la pérennisation des savoirs et connaissances, sur les impacts environnementaux et sociétaux, notamment). Ainsi, les intelligences artificielles n’apparaissent pas systématiquement comme une approche souhaitable ; la phrase « l’agentique, c’est pas automatique » n’a pas été citée, mais elle résumerait sans doute bien les échanges qui ont eu lieu à cette occasion.
La communauté
Ce séminaire, par nature, a mis au centre des échanges l’outil OneGeo Suite, mais il a aussi permis de parler des êtres humains qui composent sa communauté, aussi bien chez Neogeo, que chez ses partenaires (Sogefi, IGN France International) et ses utilisateurs. On a pu ainsi voir la diversité des projets qui mettent en œuvre tout ou partie de la suite OneGeo, à la fois au niveau des plateformes territoriales généralistes, d’applications métiers ou de diffusion de données plus scientifiques.
À noter que ce séminaire a aussi été l’occasion pour l’Afigéo de présenter un panorama des évolutions auxquelles les plateformes de données géographiques sont actuellement confrontées : évolutions technologiques, de la règlementation, des usages, mais aussi au regard d’enjeux plus pressants, tels que la sécurité, la souveraineté et la responsabilité environnementale et sociétale.
Après cette édition 2026, qui a été très riche et qui a su maintenir un équilibre entre technique, ateliers de réflexion, prise de recul et détente, que nous réservera le séminaire de l’année prochaine ? Une première version présentable de l’ETL made in Neogeo ?